Carnets de voyage quai transsiberien

Published on octobre 17th, 2014 | par Charlotte

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Transsibérien (Moscou-Irkoutsk)

20 septembre – 24 septembre 2014

Le 20 septembre 2014, c’est donc le début de mon aventure transsibérienne ! Je salue ma provodnitsa, instance dirigeante à bord du wagon, et je lui montre mon billet et mon passeport. Je rentre ensuite dans le train et je repère ma couchette, la numéro 12. Je suis bien située dans le wagon, c’est parfait.

Je salue poliment les deux dames qui se trouve déjà là et qui seront mes voisines pendant plusieurs jours. Elles s’appellent Larissa et Galina (encore une !). Je range mon sac dans le compartiment à bagage sous la couchette du dessous. J’installe mon carton de nourriture sur l’espace bagages au-dessus de ma couchette et je m’installe sur la banquette. Nous échangeons quelques sourires.

Le train démarre. Je regarde le paysage. Au bout d’une heure je décide d’installer ma couchette pour m’y allonger un peu. Je fais consciencieusement mon lit dans lequel je vais dormir 4 nuits et je passe le reste de l’après-midi à lire et à me reposer.

En début de soirée, je descends de mon nid perché pour manger un bout. Avec Larissa, Galina et Ana (une nouvelle venue montée dans le train dans l’après-midi), nous discutons un peu. C’est assez fastidieux car elles ne parlent pas du tout anglais et mon russe est très limité, mais grâce à mon petit lexique de voyage et les cartes du guide, nous arrivons à échanger.

Elles me posent des questions sur ma famille, sur mon voyage, sur mon métier, etc. J’apprends également que Larissa descendra à Omsk, deux jours plus tard et que Galina, qui occupe la couchette juste en dessous de la mienne, fera le trajet jusqu’à Irkoutsk avec moi. Je suis contente de savoir que j’aurai une gentille voisine pendant tout le voyage.

Le train s’arrête assez régulièrement parfois quelques minutes et parfois une demi-heure. Lors des arrêts plus longs, la plupart des gens descendent sur le quai pour prendre l’air et se dégourdir les jambes. C’est aussi l’occasion d’acheter de la nourriture. J’ai mes réserves avec moi, pas besoin.

transsiberien voyageurs

Lors d’un de ces arrêts je fais la connaissance sur le quai de Greg et Paulina, un couple de Polonais et de Jintong, un chinois qui rentre chez lui. Nous sommes les quatre seuls du wagon à parler anglais et nous discutons un peu.

Le soir commence lentement à tomber. Dans le train les lumières s’allument. Je m’installe confortablement dans ma couchette et je passe la soirée à lire avant de passer ma première nuit dans le train. Le roulement du train me berce. De temps en temps les lumières d’un train que l’on croise ou d’une gare que l’on traverse m’éblouissent dans mon sommeil.

Le lendemain matin je prends mon temps pour me lever. Il n’y a rien qui presse… Je me rends à la toilette pour me brosser les dents et me débarbouiller. Je vais ensuite me réinstaller et je regarde un peu le paysage. Dans l’ensemble ce sont des arbres qui bordent les rails. Ils sont beaux avec leurs couleurs d’automne. Avec la vitesse du train, les couleurs se mélangent et ça fait comme une peinture.

transsiberien peinture

Le lendemain, Larissa s’en va. L’une des banquettes du bas est donc vide, j’en profite pour investir ce nouvel espace. Je m’installe avec de la musique devant la vitre derrière laquelle le paysage défile. Toujours les arbres. Mais de temps à temps ça s’éclaircit et on aperçoit pendant quelques secondes ou quelques minutes un village ou une petite ville. Je passe le temps en prenant des photos.

Je discute un peu avec Greg et Paulina. Ils sont eux aussi au début d’un grand voyage de plusieurs mois qu’ils entament dans le transsibérien.

Je mange des nouilles et des purées instantanées. Dans le samovar installé au bout du wagon il y a toujours de l’eau chaude à disposition. Mais je ne mange pas beaucoup. Je mange aussi une banane ou des biscuits. Un peu. Je n’ai pas besoin de trop d’énergie.

Je lis toujours beaucoup.

Le soir un monsieur arrive et s’installe sur la banquette laissée vide par Larissa. Il y a aussi un jeune homme qui s’installe au-dessus. Le monsieur en dessous ronfle. Le lendemain quand je me réveille ils sont partis tous les deux.

Il est déjà tard. L’effet du décalage horaire commence à se faire sentir. Au fur et à mesure que le train avance, on change de fuseau horaire et on avance dans le temps. J’ai gardé ma montre à l’heure de Moscou car c’est celle utilisée dans toutes les gares de Russie. Je calcule les heures mais parfois je ne sais plus où on est, alors je ne sais plus quelle heure il est.

Parfois on traverse des grandes villes. On voit des usines. On passe sur des ponts.

transsiberien pont

Je mange. Je lis.

Je vais marcher un peu sur le quai. Il fait plus froid qu’avant. Je ne reste pas trop longtemps, je retourne me blottir dans la chaleur du wagon, dans mon petit nid perché avec mon livre.

Une nouvelle dame est là. Elle tricote des petits bonnets multicolores.

Galina fait des mots fléchés. Elle en fait beaucoup. Et elle boit du thé et mange des petits biscuits. Quand elle mange des nouilles, elle en mange un tout petit peu. Elle en prend un peu dans le sachet, elle les met dans la tasse avec de l’eau chaude. Galina n’est pas bien grosse. C’est une petite grand-mère qui fait des mots fléchés.

La dame qui tricote est partie. Je ne sais plus quel jour on est.

Galina et moi nous regardons le paysage. Ça a changé un peu. C’est plus dégagé qu’avant. J’apprends à dire « automne » et « couleurs » en russe. Galina apprend à dire « vache ». On a oublié maintenant.

Parfois on discute. Chacune parle sa langue et on se comprend suffisamment comme ça. Il n’y a rien de bien compliqué à dire.

Le soir je m’endors tard. Encore des nouveaux fuseaux horaires.

J’écoute de la musique.

Il fait encore plus froid. On est en Sibérie mais je ne sais plus depuis quand.

Je lis. C’est un autre livre.

On arrive à Irkoutsk. Donc on est mercredi. Il est 3h du matin mais il fait jour. C’est parce qu’il est 8h.

Je dis au revoir à Galina sur le quai. Et je reviens à la réalité.

J’ai envie de prendre une douche.

[Pour la suite du voyage, c’est par ici]

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Retrouvez la suite de mon voyage en transsibérien dans les articles suivants:

Lac Baïkal: Irkoutsk et l’ile d’Olkhon

Transsibérien (Irkoutsk-Oulan-Oude-Vladivostok)


About the Author

Voyageuse depuis de nombreuses années, Charlotte parcourt le monde et partage ses carnets de voyage, ses conseils et ses réflexions sur son blog. Rejoignez-moi sur mon profil Google+



8 Responses to Transsibérien (Moscou-Irkoutsk)

  1. Séverine says:

    Et tu lis quoi ???? 😉

    • Charlotte says:

      Je lis ce que je trouve ! :-p

      Dans le train justement j’ai lu un livre bizarre. L’histoire d’un mec qui fait de l’hypnose et qui a des araignées géantes dans son jardin… J’échange mes livres au fur et à mesure dans les auberges de jeunesse ou quand je croise des francophones. Des lectures variées donc et parfois assez improbables…

      • Séverine says:

        J’adore 🙂
        J’ai hâte de lire ce tes petits histoires de Corée 🙂 Et ce que tu prépares et manges dans ton restaurant !
        A bientôt !

        • Séverine says:

          Je disais donc … :p
          J’adore 🙂
          J’ai hâte de lire tes petites histoires de Corée 🙂 Et de savoir ce que tu prépares et manges dans ton restaurant !
          Si tu as une bonne petite recette à me donner, je suis preneuse 😉
          A bientôt !

  2. Jean-Berchmans Ndahabonimana says:

    Courage, Charlotte, sûr que tu réussiras dans ton voyage. génial

  3. manu says:

    Hello! Un petit coucou de Jeonju, on est en route pour Jeju on devrait y arriver d ici une semaine! Comment ca se passe pour toi? Ton wwoof se passe comme tu veux?

    • Charlotte says:

      Salut Manu ! ça fait plaisir d’avoir de vos nouvelles. Le wwoofing se passe bien j’espère que votre trip à vélo aussi. Faites moi signe quand vous êtes dans le coin, je reste à Jeju encore au moins 2 semaines. Bonne route 🙂

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