Carnets de voyage russie

Published on octobre 15th, 2014 | par Charlotte

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Russie – Saint-Pétersbourg et Moscou

Lundi 15 septembre – Samedi 20 septembre 2014

Après cette parenthèse estonienne, il est temps de reprendre ma route à la découverte de la Russie. Je vais enfin quitter l’Europe et les choses sérieuses vont commencer ! Si je vais en Russie, c’est pour prendre le transsibérien et me rendre en Asie par voie terrestre. Je vais parcourir plus de 10 000 kilomètres en train, à travers la taïga, la steppe, les immensités sibériennes.

Saint-Pétersbourg

saint-petersbourg vueAprès avoir passé deux jours à Tallinn (capitale de l’Estonie), je prends un bus pour Saint-Pétersbourg. Le passage de la frontière est austère comme il se doit. Je regarde par la fenêtre mes premiers paysages russes. Quand je vois des indications écrites, j’en profite pour réviser mon alphabet cyrillique. Pendant mon wwoofing en Estonie j’ai pris le temps d’étudier régulièrement un peu de russe. Je me suis fait des listes de vocabulaire et je me suis entrainée à lire.

La première chose qui m’a plu à Saint-Pétersbourg, c’est le métro. Les stations sont impressionnantes. Des escalators interminables, des colonnes en pierre, des fresques, de larges halls et des hauts plafonds. C’est la classe ! Pas des couloirs de métro en plastique comme on voit dans certaines villes.

Quand je ressors à l’air libre, je suis sur Novi Prospekt, la grande artère principale du centre-ville. J’aperçois au loin l’église du Sauveur-sur-le-Sang et ses dômes colorés. C’est un joli nom pour une église. Le soleil brille et la ville vibre au soleil. Ça me plait ! Je sens déjà que ça va passer trop vite. Je n’ai pas beaucoup de temps à Saint-Pétersbourg. Je prévois à peine deux jours car depuis que j’ai décidé d’aller en Corée du Sud, j’ai perdu une semaine de visa.

[Explication : j’ai un visa d’un mois pour la Russie, valable du 15 septembre au 14 octobre. Or le ferry que je veux prendre entre Vladivostok et la Corée ne fait le trajet qu’une fois par semaine, tous les mercredis. Le 14 octobre étant un mardi, je dois prendre le ferry le mercredi précédent, c’est-à-dire le 8 octobre. Je passerai donc moins de temps à Saint-Pétersbourg et à Moscou pour pouvoir profiter plus longtemps par la suite.]

Bref. Je me promène à Saint-Pétersbourg et je découvre une ville très intéressante avec une belle énergie. Je monte au sommet de la Cathédrale Saint-Isaac pour voir la ville d’en haut. Dans le parc en contrebas j’aperçois des mariés dans tous les coins. Des couples en pagailles qui font des séances photos main dans la main.

russie saint-petersbourg

L’exploit du jour

Cette première journée à Saint-Pétersbourg a également été marquée par un événement assez important pour moi. L’achat de mon premier billet de train ! Quand on se renseigne sur le train en Russie, et particulièrement le transsibérien, les infos qu’on trouve sur internet sont plutôt décourageantes et sont rarement claires ou rassurantes. Acheter ses billets de train soi-même à la gare semble être un véritable parcours du combattant.

Pour ma première fois, je commence par quelque chose de simple. Un train de nuit Saint-Pétersbourg-Moscou. Easy game. Après avoir consulté le site de la société ferroviaire russe pour repérer le bureau de vente le plus proche, je me rends dans une espèce de grand hall assez vide. Il y a des guichets des deux côtés dont quelques-uns sont ouverts. J’en repère un ou il n’y a pas trop de monde et je me mets dans la file.

Au bout d’un moment, comme la file n’avance pas beaucoup, je regarde plus attentivement du côté du guichet et je constate qu’il n’y a personne pour servir les clients. Les gens autour de moi ont l’air de trouver ça normal et restent dans la file. Du coup j’observe un peu plus attentivement les informations affichées et je déchiffre une feuille qui indique les heures de pause du guichet. Ok donc première chose à retenir: les guichets font des pauses de 15 minutes à peu près toutes les deux heures et les horaires sont affichés.

La dame revient s’installer à sa place et la file recommence à avancer. C’est assez lent parce que les billets de train sont nominatifs et indiquent non seulement le nom du passager mais aussi sa date de naissance et son numéro de passeport. Il faut donc entrer toutes ses données dans l’ordinateur et les manipulations sont longues. Ça me laisse le temps de consulter mon lexique et d’apprendre par cœur les mots dont j’aurai besoin pour acheter mon billet.

C’est enfin mon tour. Je demande poliment et dans mon plus joli russe, si la dame parle anglais. Nièt. Je suis presque soulagée, ça aurait bousculé toutes mes représentations mentales sur le système ferroviaire russe ! Je lui déballe donc consciencieusement les semblants de phrases que j’ai préparés et elle a l’air de suivre tout ce que je lui dis sans problème. Je lui passe mon passeport, elle commence à tapoter sur son clavier. Elle me pose une question. Aïe ! Je redoutais la question… Je lui dis que « ia nié panimaiou », je ne comprends pas. Elle m’écrit quelque chose sur un petit papier. Deux horaires de train avec les prix. Je lui montre celui que je veux. Elle tapote encore pendant 5 bonnes minutes, je paie, et elle me glisse mon billet. Ça y est ! Je l’ai mon premier billet de train russe. Le premier d’une petite série qui m’emmènera jusqu’en extrême orient, le bout du monde, l’océan pacifique. Je ressors du bâtiment tout sourire, tenant fièrement mon billet de train dans la main.

russie encore

Le hasard des rencontres

Le soir, j’ai rendez-vous avec un certain Chris. Si vous avez lu mon article sur mon voyage en Slovénie, vous vous souvenez peut-être de ce canadien que j’avais rencontré à Zagreb et avec lequel j’avais passé une sympathique soirée en compagnie d’un Japonais et de bières belges. Et bien nous avons remis ça mais sans le Japonais et à Saint-Pétersbourg ! Alors que j’étais encore à Tallinn, j’avais vu par hasard sur Facebook que Chris se trouvait à Moscou. Je lui ai envoyé un message pour savoir où il serait dans les jours suivants et nous nous sommes donc retrouvés en Russie. Nous avons bien entendu trouvé une brasserie belge et nous avons parlé voyage autour de quelques Westmalle et Rochefort hors de prix. Je ne pensais jamais revoir ce mec de ma vie mais la magie des réseaux sociaux a opéré.

L’Ermitage

L’Ermitage c’est THE museum à ne pas rater en Russie. Un joli palais vert pâle avec plein de tableaux de peintres fameux dedans. Une après-midi ne suffit pas pour en faire le tour correctement. J’ai essayé de procéder méthodiquement mais cet endroit est un vrai labyrinthe. Au bout de quelques heures ma visite de musée s’est transformée en jeu de piste géant. Je me fixais un objectif sur la carte (souvent un tableau important indiqué sur la carte du dépliant reçu à l’entrée du musée) et j’essayais ensuite de l’atteindre sans tomber dans les pièges des « ascenseurs qui ne s’arrêtent pas à tous les étages » ou des « escaliers indiqués sur le plan mais en fait ils sont fermés par un petit ruban » et surtout, en évitant de me faire engloutir par un groupe en visite guidée.

ermitage saint-petersbourg

Dans le train

Le soir, je me rends donc à la gare pour prendre mon train vers Moscou. Je suis curieuse de découvrir les trains russes de l’intérieur. C’est que je vais y passer pas mal de temps dans les semaines à venir. Il faut environ une semaine complète pour rallier Moscou à Vladivostok. Pour aujourd’hui ce sera juste une nuit de voyage.

Après avoir repéré le quai, je marche jusqu’à l’entrée de mon wagon qui se trouve à l’autre bout. Chaque wagon est géré par une provodnitsa (ou deux qui se relaient quand le trajet dure plusieurs jours). Ma première provodnitsa est un provodnitso. On dit provodnik en fait. Un homme quoi. Il vérifie les billets et les passeports des passagers avant de les laisser entrer dans le wagon. Il distribue ensuite à chacun un set de draps emballé dans un plastique.

Chacun installe sa couchette. On déroule un matelas, on installe les draps et l’oreiller et c’est prêt ! Il y a des couchettes perpendiculaires au train d’un côté, par groupe de quatre, deux en-dessous et deux au-dessus et des couchettes le long du couloir, également sur deux étages. Je suis sur une couchette du haut, dans le couloir. Elles ont l’air moins confortables que les autres et je sais maintenant que pour la prochaine fois il faudra que je pense à demander une couchette au milieu du train.

Moscou

moscou russieLe train arrive à Moscou vers 5h30 du matin. Je suis la foule qui se dirige vers le métro. Il est fermé donc nous attendons devant les portes que ça ouvre. Mélange de voyageurs mal réveillés et de festoyeurs fatigués. J’achète un ticket, je repère la direction à prendre et c’est parti. Le métro de Moscou est dans le même esprit que celui de Saint-Pétersbourg. Tout y est grand et majestueux.

Le temps de prendre le métro et de me perdre un peu dans les rues moscovites et je débarque chez Galina vers 6h30. Galina est une femme russe d’une cinquantaine d’années qui fait auberge de jeunesse dans son petit appart au dernier étage d’un immeuble. Je l’ai contactée par mail pour réserver un lit chez elle et pour lui demander si je pouvais arriver tôt le matin pour déposer mon sac. Elle m’ouvre la porte toute ensommeillée et me dit que tout le monde dort encore et que je peux revenir vers 11h. Je laisse mon sac et je pars visiter la ville qui s’éveille.

J’arrive dans le centre alors que le soleil est levé depuis peu. La place rouge est vide. Il a un joli nom mon guide, Lonely Planet. J’apprécie le calme, c’est pas tous les jours qu’on se retrouve seul dans des endroits touristiques pareils. D’un côté de la place, la célèbre cathédrale Basile-le-Bienheureux avec ses dômes colorés, de l’autre le musée historique d’état.

moscou russie

L’après-midi je me repose chez Galina. Je fais connaissance avec Adam, un français qui est à Moscou pour son boulot et Alex un jeune russe qui passe beaucoup de temps sur l’ordinateur et qui regarde des clips de rock/métal russes. Il y a aussi Ivan, un russe originaire de Novossibirsk qui est venu chercher du travail à Moscou. Galina est toujours là elle aussi, elle fume des clopes sur le palier.

Le lendemain je vais acheter mon billet de train pour la suite du voyage. Alex a proposé de m’accompagner, il pourra m’aider à demander une bonne couchette, dans le centre du train. Je marche ensuite vers le centre-ville pour un peu de tourisme. Au programme, la place rouge à nouveau, le Kremlin et la cathédrale du Christ-Sauveur. Le soir on fait une mini-tournée des bars du quartier avec Ivan. russie place

Le grand départ

Le samedi matin je me prépare pour me rendre à la gare. Mon train part en début d’après-midi. En plus de mes affaires habituelles, j’ai un carton de bouffe à transporter. J’ai acheté de quoi survivre 4 jours dans le train. Les incontournables nouilles (et purées) instantanées bien sûr, mais aussi des biscuits, des petits jus, quelques bananes, des concombres et des tomates, du pain et des biscottes. Faut se mettre bien !

Adam m’accompagne donc à la gare pour m’aider à porter le carton. Adam, si tu lis ces lignes, sois remercié devant le monde entier ! Arrivée dans le wagon je range mes affaires dans ma nouvelle maison de quelques jours. Nous sommes samedi midi et j’arriverai à Irkoutsk mercredi matin. Je m’apprête donc à vivre 4 jours dans un train en marche, et à traverser plus de la moitié de la Russie jusqu’au célèbre lac Baïkal !

 


About the Author

Voyageuse depuis de nombreuses années, Charlotte parcourt le monde et partage ses carnets de voyage, ses conseils et ses réflexions sur son blog. Rejoignez-moi sur mon profil Google+



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