Carnets de voyage wwoofing chevres

Published on juin 2nd, 2014 | par Charlotte

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Ma première expérience de wwoofing

Pour mon premier article sur ce blog, je vais vous parler de ma première expérience de wwoofing qui a eu lieu l’été dernier. Cela faisait déjà un bout de temps que j’avais entendu parler du concept, qui m’intéressait beaucoup. Le wwoofing c’est un moyen différent de voyager et j’ai très envie d’en faire durant mon tour du monde. Il était donc temps de penser à tester la formule et de me faire une première expérience, pour en avoir une impression plus concrète.

Le wwoofing qu’est-ce que c’est ?

wwoofing chevreriePour ceux qui ne sont pas familiers du concept, commençons par une petite explication. WWOOF c’est l’acronyme de World Wide Opportunities in Organic Farms. L’idée c’est donc que des volontaires (les woofeurs) sont accueillis dans des fermes biologiques (les hôtes) pour donner un coup de main en échange du gîte et du couvert. Cela permet donc des échanges de manière générale, échanges de savoirs, de compétences, de techniques, mais aussi échanges humains. C’est aussi un moyen économique et différent de découvrir une région, une activité, en prenant le temps de rester un certain temps à un endroit et de découvrir la vie quotidienne de ses habitants.

Comment ça marche ?

Le réseau wwoof est organisé en antennes nationales dans plus de soixante pays. La liste de ces antennes nationales est accessible sur le site wwoof international. Certains pays n’ont pas d’antenne nationale et les hôtes sont alors rassemblés sur le réseau wwoof indépendant. Pour ma part j’ai décidé de vivre ma première expérience de wwoofing en France.

Je me suis donc connectée sur le site de wwoof France. L’inscription coûte une vingtaine d’euros par an et donne accès à tout le répertoire des hôtes wwoof. On peut rechercher un hôte par région ou grâce à des mots clés. Pour chacun il y a un descriptif plus ou moins long, parfois quelques photos et les informations de contact. J’ai donc pris le temps de parcourir tout ça.

Personnellement j’avais plutôt envie de travailler avec des animaux (j’aime les animaux !), mais des expériences sont possibles dans beaucoup d’autres domaines également, tels que le maraîchage ou l’herboristerie par exemple. J’ai commencé par sélectionner trois endroits qui correspondaient à mes critères, notamment en termes de distance géographique ou d’activité et j’ai contacté ces hôtes par mail en me présentant et en leur donnant mes dates de disponibilité.

Sur les trois demandes que j’ai envoyées cette fois là, j’ai reçu deux réponses dont une était positive. Elle me venait de la Ferme des places, une petite exploitation familiale qui s’occupe de la production de fromage de chèvre bio. J’ai alors posé quelques questions pratiques par mail à mes futurs hôtes pour en savoir un peu plus sur le type de travail qui me serait demandé, la présence ou non d’autres woofeurs, etc. avant de confirmer ma venue.

Mon arrivée à la ferme

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J’ai débarqué chez Béatrice et Michel une fin d’après-midi du mois de juillet 2013. Ils m’ont accueillie chaleureusement et simplement et je me suis tout de suite sentie très bien chez eux. Pendant quelques jours j’ai cohabité avec Eli, une woofeuse suédoise qui terminait son séjour à la ferme des places. Elle était venue étudier quelques mois en France et en avait profité pour faire un peu de wwoofing dans la région avant de rentrer chez elle. En général, Béatrice et Michel préfèrent accueillir un seul woofeur à la fois car cela leur semble plus approprié par rapport à la façon dont ils envisagent le wwoofing, mais je sais que certains hôtes accueillent plusieurs personnes en même temps. Michel et Béatrice possèdent un peu plus d’une trentaine de chèvres laitières. Ce sont des chèvres alpines. Les chèvres sont des animaux très agréables à côtoyer car elles sont curieuses et affectueuses. Elles sont aussi très jolies.

La fabrication du fromage

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Si je passais chaque jour un peu de temps à la chèvrerie, la plus grande partie de mon travail à la ferme se déroulait à la fromagerie. Après la traite (ensemble, les chèvres donnent une centaine de litres par jour), le lait est filtré et transvasé dans une sorte de grand récipient qui ressemble à une petite baignoire. Ce lait doit être maintenu à une certaine température et il faut lui ajouter du ferment et de la présure afin qu’il « prenne ». C’est la partie un peu magique et qui reste un peu mystérieuse pour moi… On laisse ensuite reposer jusqu’au lendemain.

Une fois moulé, le fromage est donc laissé au repos à nouveau jusqu’au lendemain. Il est ensuite démoulé et posé sur une grille. Un petit peu de sel par dessus et repos de 24h à nouveau. Le jour d’après il est retourné sur la grille. Les fromages sont ensuite installés dans le haloir (petite pièce spéciale pour le séchage du fromage) et chaque fromage sera retourné chaque jour à la main. Chaque jour qui passe, le fromage « vieillit » et s’affine de plus en plus. Il peut être mangé à chaque stade de sa maturation. Il y en a ainsi pour tous les goûts, du fromage frais baignant dans son petit lait au goût tout doux, au fromage très « fait », tout racrapoté et tout bleu au goût fort, en passant par le beau crottin rond et lisse au goût moelleux.

fromages

Les fromages sont moulés dans différentes formes et certains sont cendrés (c’est à dire qu’on les saupoudre de cendre, tout simplement). Il y a les crottins classiques, les ronds cendrés et les bûchettes cendrées. Béatrice fabrique aussi des yaourts au lait de chèvre, natures ou au fruits. Moi qui ne suis pourtant pas une grande adepte des yaourts, j’ai trouvé ça délicieux !

La vente

Les fromages et les yaourts sont vendus soit directement à la ferme soit via différentes filières locales. Béatrice et Michel vendent par exemple leurs produits au petit marché hebdomadaire organisé par l’AMAP (association pour le maintien d’une agriculture paysanne – cliquez ici pour en savoir plus) de Vierzon. Ainsi non seulement la production est bio et respectueuse des bêtes et de l’environnement, mais les réseaux de distribution des produits utilisés favorisent l’économie locale et les liens sociaux.

Des chèvres heureuses !

Tous les matins, Michel sort les chèvres pendant deux bonnes heures. Il les emmène en balade sur la propriété et en profite pour lire son journal et faire la sieste à l’ombre. Cela permet de varier leur alimentation, de les garder en bonne forme et de les rendre heureuses. Ainsi elle produisent du bon lait avec lequel Béatrice, grâce à tout son savoir faire, pourra fabriquer des fromages tout simplement délicieux. Elles sont belles les chèvres quand elles gambadent dans les hautes herbes !

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Belle Sologne

Quand je ne suis pas en promenade avec les chèvres ou en fromagerie pour démouler et retourner les fromages et pour faire la vaisselle (il faut chaque jour nettoyer tout le matériel selon des procédures très strictes et cela prend du temps), je fais la sieste ou je découvre les alentours.

La Sologne est une région naturelle située dans le centre de la France entre la Loire et le Cher. C’est une belle région boisée parsemée de nombreux étangs. Et justement, derrière chez Béatrice et Michel, à une dizaine de minutes à pied, il y a un très bel étang dans lequel on peut se baigner. Alors ça, en fin d’après-midi, c’est aussi délicieux qu’un bon fromage de chèvre !

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L’été à Vierzon c’est aussi « Les Estivales du Canal », festival de musique en plein air. Et comme Michel est un musicien passionné et qu’il a transmis cette passion à son fils Léo, j’ai eu la chance d’assister à plusieurs petits concerts. Michel joue de la contrebasse dans un groupe de jazz. Il fait également de la musique avec Léo qui joue magnifiquement bien de la guitare et chante même en anglais.

Le mot de la fin

Vous l’aurez compris, cette première expérience de wwoofing était très agréable, j’ai appris beaucoup de choses et j’ai passé de très bons moments. J’en profite d’ailleurs pour remercier Béatrice et Michel pour leur gentillesse et leur accueil généreux.

Je me suis tellement bien plu que je suis d’ailleurs retournée à la Ferme des places au mois de février, cette fois pour les naissances des chevreaux. A suivre dans un prochain article… Entre-temps vous pouvez déjà découvrir ma seconde expérience de wwoofing, dans une ferme équestre dans les Vosges !

Et puis si vous passez par la Sologne, la bonne nouvelle c’est qu’en plus de leur activité principale, Béatrice et Michel ont aussi aménagé un gîte et des chambres d’hôtes dans leur ferme. Michel a fait toutes les rénovations en éco-construction et ils sont maintenant labellisés par Accueil Paysan. Plus d’infos sur le site de la Ferme des places.

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About the Author

Voyageuse depuis de nombreuses années, Charlotte parcourt le monde et partage ses carnets de voyage, ses conseils et ses réflexions sur son blog. Rejoignez-moi sur mon profil Google+



2 Responses to Ma première expérience de wwoofing

  1. Juan-Chantal says:

    Moi aussi j’aime les animaux (surtout si les chèvres sont jolies) …
    Merci pour cette introduction complète au wwoofing.

  2. Charlotte says:

    Jolies certes, mais surtout heureuses ! 🙂

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