Carnets de voyage laos moto

Published on octobre 27th, 2015 | par Charlotte

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Moto dans le sud du Laos

Du 23 mai au 5 juin 2015

Après un mois de voyage en Birmanie, je décide de passer deux semaines au Laos. Après avoir repassé la frontière à Mae Sot et dit au revoir à Emilie, je traverse la Thaïlande d’ouest en est pour arriver à Nong Khai, sur les rives du Mékong. De l’autre côté, c’est le Laos.

Tout comme pour entrer en Birmanie, c’est encore une fois un pont que je dois traverser. Par contre, le « pont de l’amitié lao-thaïlandaise » ne peut se traverser à pied. Je dois passer de l’autre côté dans un bus. Quelques formalités administratives, un visa, un cachet, et m’y voilà !

Vientiane

A Vientiane, mes yeux retrouvent le plaisir de lire en français. Souvenir de la colonisation de l’Indochine, les noms des rues par exemple sont encore indiqués en français.

Je mange un morceau, j’achète des livres dans une petite boutique et je termine l’après-midi en mangeant des douceurs dans le célèbre salon de thé Banneton. En terrasse, un mélange de jeunes touristes un peu bronzés ou un peu rouge, et d’expatriés habitués, avec leur air blasé et leurs chemises à manches courtes. La vie est calme et paisible à Vientiane, le temps passe doucement.

A l’hostel je fais la connaissance de Rocky, un Indien avec qui j’échange des films et de Jordan, un Canadien avec une barbe. Si Rocky est sympa et intéressant, Jordan est une véritable caricature de lui-même, c’est-à-dire un backpacker gentil mais un peu ridicule qui se prend pour un aventurier parce qu’il voyage quelques mois en Asie du Sud-Est.

Jordan nous montre une plaie qu’il a sur le pied et nous raconte qu’il s’est fait mordre par un serpent. Plus tard quand on passe à la pharmacie et qu’il explique son histoire à la pharmacienne, elle le regarde avec un drôle d’air et lui répond que ça ne ressemble pas le moins du monde à une morsure de serpent. « Oui, enfin, je l’ai pas vraiment vu, mais bon, je me suis dit… » … que ça ferait une bonne histoire à raconter, une vraie aventure d’aventurier ! Un peu ridicule disais-je…

Vientiane n’est pas une grande ville. A peine un peu plus de 230 000 habitants. Avec Rocky et Jordan, nous partons à la découverte de la ville.

Nous visitons le temple Vat Si Sakek qui est le plus vieux temple bouddhiste de la ville et le symbole à la fois de la religion bouddhiste et de la souveraineté du Laos.

laos temple

Le Patuxai ou Monument de la Victoire, sorte d’arc de triomphe commémorant les Laotiens morts pendant les guerres pré-révolutionnaires. Ce monument fut construit en 1969 grâce à du ciment reçu des Américains et qui devait à l’origine servir à construire un aéroport. Du haut du Patuxai, on a une belle vue sur une partie de la ville.

laos patuxailaos vue

 

Enfin, nous allons voir la pagode Pha That Luang, qui est le monument national le plus important du Laos.

laos pagodelaos bouddha

 

Mais la visite que j’ai trouvé la plus intéressante à Vientiane, c’est le centre COPE (Cooperative Othetic and Prosthetic Enterprise).

laos carteDurant la guerre du Vietnam des millions de tonnes de bombes ont été larguées sur le Laos. Nombre d’entre elles n’ont pas explosé et représentent aujourd’hui un véritable danger pour la population. Plus de 87.000 km² du territoire seraient ainsi contaminés. Une organisation nationale s’occupe de nettoyer les différents secteurs zone par zone mais cela prend énormément de temps. Ainsi, il faut jusqu’à une dizaine de jours pour sécuriser un secteur d’un hectare. Ce sont au final à peu près 40 km² par an qui sont nettoyés, ce qui est bien sûr loin d’être suffisant pour assurer la sécurité de la population.

Ainsi, on estime qu’à l’heure actuelle, au Laos, ce sont environ 300 personnes par an en moyenne qui sont victimes de ce que l’on appelle les UXO (unexploded ordnance, c’est-à-dire des munitions n’ayant pas explosé). Depuis la fin de la guerre du Vietnam en 1973, 20 000 personnes auraient été victimes de ces bombes « dormantes » dont 50% d’enfants.

Les victimes ont besoins de soins, de prothèses et de rééducation mais n’ont bien souvent pas les moyens de financer tout cela. C’est là que COPE intervient.

L’organisation COPE, fut créée en 1997. Son rôle est de faire le lien entre les opportunités de financement provenant de l’étranger et les besoins au niveau local. Les financements servent principalement à couvrir les frais médicaux des victimes d’explosions (notamment les prothèses et la rééducation) ainsi que la maintenance hospitalière en général.

laos protheseslaos munitions

 

Région de Thakhek

Je pars ensuite vers le sud en direction de Thakhek. Cette petite ville au bord du Mékong est aussi le départ d’un tour à moto de quelques jours dans la région de Khammuan, un massif karstique qui recèle de nombreuses grottes et des paysages magnifiques. Je loue donc une moto et je prends la route avec Sébastien, un français en vadrouille rencontré à l’hostel à Thakhek.

laos motomoto laos

 

Le premier jour, nous roulons tranquillement en profitant des paysages. En début d’après-midi, nous atteignons la zone du barrage de Nam Theun 2. Nous visitons l’exposition du projet qui présente les partenaires et tous les avantages (surtout économiques) pour la région. Vu comme ça, le projet a l’air plutôt positif. Mais nous allons bientôt être confrontés à la réalité du terrain…

Nous continuons notre route et nous atteignons une région à l’aspect surréaliste. Une zone de plusieurs centaines de kilomètres carrés a été inondée pour la construction du barrage. Des villages entiers ont dû être évacués et des populations déplacées. Des arbres morts se dressent à perte de vue dans ce paysage d’apocalypse.

laos thakhek

laos barrage

Cet énorme projet hydro-électrique est financé à hauteur de 40% par EDF, 35% par la Thaïlande et 25% par le Laos. L’électricité produite est en grande partie exportée en Thaïlande (environ 90%).

Par les impacts qu’il a eu et continue d’avoir sur les populations locale et sur l’environnement, le projet du barrage électrique de Nam Theun 2 a évidemment été critiqué, notamment à cause de l’ampleur du projet. Car si la voie de l’énergie hydraulique peut se montrer intéressante pour la production d’énergie « propre », est-il vraiment nécessaire de mettre en place de tels projets pharaoniques ?

laos paysagepaysage laos

 

En fin d’après-midi, nous nous arrêtons à Lak Sao, dans une charmante guesthouse. Nous sommes petit à petit rejoins par les autres backpackers en course pour le loop. Nous avons tous la même carte, donc nous nous arrêtons tous au même endroit. Nous passons une bonne soirée à manger, boire des bières et discuter.

Le lendemain nous quittons la zone inondée et prenons de la hauteur. Cela nous permet d’avoir une très belle vue sur la région avant de redescendre vers Kuon Kham pour y passer la nuit. Encore une fois, tout le monde se retrouve le soir, et nous passons la soirée à discuter.

laos hauteur

laos pontlaos route

 

Le lendemain matin nous partons découvrir la fameuse grotte « Tham Kong Lo », l’une des principales attractions de la région. Aussi appelée la grotte de Kong Lor, il s’agit d’une rivière souterraine d’environ 7 km de long. La grotte se visite grâce à des petites embarcations motorisées et c’est impressionnant.

laos grottegrotte laos

 

Après cette visite, nous reprenons ensuite la route en compagnie d’autres voyageurs, dont Manolo et Miguel, deux Espagnols bien sympathiques.

On traine un peu en route, on s’arrête pour prendre des photos. Et puis je me rends compte que mon téléphone n’est plus dans ma poche. Avec Miguel on retourne quelques kilomètres en arrière jusqu’à l’endroit où on a fait notre dernière pause mais on ne le retrouve pas.

laos garçons

Tout cela nous a mis en retard et nous devons rouler dans le noir. Le problème c’est qu’à la tombée du jour les moustiques sont de sortie et qu’on s’en prend plein dans la gueule. Il fait trop sombre pour mettre des lunettes de soleil alors on ferme la bouche, on cligne les yeux et on subit. Nous finissons quand même par rejoindre les autres à Vieng Kham, dernière étape de notre périple.

Le lendemain c’est le retour à Thakhek. Je dis au revoir à Sébastien et je prends le bus pour Pakse avec Miguel et Manolo.

Région de Pakse

Pakse est le départ d’un autre « loop », une boucle qui parcourt le plateau des Bolovens. La région est réputée pour ses cultures de café et de thé, ainsi que pour ses magnifiques cascades.

laos cascade

Je n’ai plus énormément de temps devant moi car je dois être dans le sud du Cambodge dans une petite semaine. Je décide donc de faire seulement deux jours de moto sur le plateau. Cette fois aussi je rencontre beaucoup d’autres voyageurs dont pas mal de Français.

Je passe la nuit dans le charmant village de Tad Lo, situé au bord d’une rivière où j’assiste au bain des éléphants.

laos village

laos elephantelephant laos

 

Le lendemain, en compagnie de quelques voyageurs, nous allons voir quelques cascades, nager dans d’autres, et visiter une plantation de café.

laos voyagevoyage laos

laos nager

laos cafecafe laos

 

C’est ensuite le retour à Pakse, avant de descendre vers le sud et la suite de mon voyage : le Cambodge.


About the Author

Voyageuse depuis de nombreuses années, Charlotte parcourt le monde et partage ses carnets de voyage, ses conseils et ses réflexions sur son blog. Rejoignez-moi sur mon profil Google+



One Response to Moto dans le sud du Laos

  1. La loop du plateau de Boloven, j’en garde un excellent souvenir. Quel bel endroit! Prochaine fois, je ferai comme toi et je partirai faire celle de Thakaek qui semble un peu plus intense 🙂 Ca fait rêver entk!
    Rachel – Blog voyage Découverte Monde Articles récents…La Havane : Que faire, voir et visiter dans la capitale de CubaMy Profile

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