Carnets de voyage chine

Published on janvier 19th, 2015 | par Charlotte

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Mon arrivée en Chine

22 novembre – 28 novembre 2014

ferry chineLe samedi 22 novembre 2014 vers 19h, après 24h de ferry, j’arrive à Tianjin, en Chine. Sauf qu’en fait, le terminal de ferry de Tianjin se trouve à Tanggu, une « petite » ville située à une petite cinquantaine de kilomètres de Tianjin. En soi quand on sort du terminal, ça ne change de toute façon pas grand-chose. Je me retrouve devant une grande plaine déserte, avec simplement une large route droite qui s’enfonce dans la nuit. Devant le terminal, quelques voitures qui attendent leurs passagers, et un taxi. Pas un bus, pas une navette, rien.

Je me dirige donc vers le chauffeur de taxi et je lui demande le prix pour aller à la gare de Tanggu. Deux cents yuans. Ok, c’est super cher. J’ai changé quelques dollars sur le ferry mais je n’ai même pas une telle somme sur moi. Je tente vite fait de négocier un peu en lui proposant 100 yuans mais ça ne l’intéresse clairement pas. Je suppose qu’on est vraiment loin du centre-ville…

Je m’éloigne donc du taxi en me demandant quoi faire. A l’intérieur du terminal, pas un guichet d’information, pas même un guichet tout court, tout est fermé. Les gens continuent à sortir petit à petit et je me dirige vers l’un des passagers pour lui demander s’il sait s’il y a un bus ou un moyen de se rendre à Tanggu. Après avoir jeté un coup d’œil aux alentours et discuté un peu avec ses collègues, il me propose de monter avec eux dans la voiture qui les attend. Ce sont des Coréens qui sont en voyage d’affaires. Ils m’emmèneront jusqu’à leur hôtel à Tanggu d’où je pourrai prendre un taxi jusqu’à la gare.

Après une bonne demi-heure de route dans la voiture des Coréens et encore une vingtaine de minutes dans un taxi, j’arrive à la gare de Tanggu. Je prends un ticket pour Tianjin et j’attends le train dans la gare qui n’est pas très grande mais plutôt moderne. Encore une trentaine de minutes de train et je suis enfin à Tianjin. Je trouve assez rapidement l’auberge de jeunesse où j’avais réservé et qui se trouve juste à côté de la gare et après une bonne douche, je vais me coucher. Il est minuit et je suis en Chine.

Tianjin

Le lendemain matin, je pars à la découverte de Tianjin. J’ai envoyé un mail et un sms à Céline que je dois rejoindre à Pékin et, en attendant, je vais faire mes premiers pas dans ce nouveau pays. Les gens de l’auberge, des Chinois plutôt sympas, m’ont expliqué quel métro je devais prendre pour me rendre au centre-ville. On est dimanche, il y a du monde, mais l’ambiance est plutôt décontractée. Je fais la file à la machine à ticket, puis je fais la file pour prendre l’escalator, et j’arrive sur le quai. Tout comme en Corée, les quais de métro chinois sont sécurisés par des portes vitrées qui ne s’ouvrent que lorsque le métro arrive.

chine tianjinAprès quelques arrêts, j’arrive dans le centre-ville. Le temps est brumeux. Ou alors est-ce la pollution ? Je ne sais pas trop, mais en tout cas il fait brumeux. Cela crée une atmosphère étrange dans la ville. Je suis sur une grande artère avec des magasins. C’est à la fois coloré et gris. Cette impression de grisaille je l’aurai tout au long de mon séjour en Chine. Un mélange de pollution, de saleté, de poussière. On ne sait pas trop d’où ça vient, mais même en plein soleil la Chine a ce côté un peu grisâtre. Un peu comme sur un chantier géant, comme si la poussière des travaux revenait sans cesse. Ou alors, comme si le pays était trop grand que pour qu’on arrive à y faire les poussières.

tianjin pont

Je marche au hasard. Mon premier repas en chine, ce sera un McDo. Manger un McDo en terre communiste, ça fait toujours plaisir. Le McDo est sale lui aussi. Je retourne dans la rue et je continue à marcher. Une fois sortie des artères commerçantes, je me retrouve devant une grande tour. Et en face il y a d’autres grandes tours en construction et des grues. Je traverse un pont et j’arrive dans un quartier très différent, à taille humaine tout à coup. C’est la concession italienne.

chine italie

Comme d’autres grandes villes côtières, Tianjin a été l’un des ports d’ouverture de la Chine au commerce avec l’Occident aux 19ème et 20ème siècles. Suite aux guerres de l’opium, des traités ont été signés avec la Grande-Bretagne et d’autres puissances occidentales pour faciliter les échanges commerciaux. Il y avait à Tianjin, outre les concessions britannique et française, des concessions américaine, belge, italienne et russe. Aujourd’hui, ces quartiers qui présentent des architectures européennes sont devenus des points d’intérêts touristiques importants, le plus connu étant sans doute la concession française à Shanghai.

Les rues de la concession italienne de Tianjin sont jolies et arpentées par des touristes, en grande majorité des Chinois. Il y a des stands de nourriture et de souvenirs le long des trottoirs. Ça fait ambiance de vacances, ça fait un peu ambiance Disneyland aussi, mais toujours dans la grisaille.

chine10034 chine rue

Je reçois un sms de Céline. Elle est là toute la journée, elle m’attend, je viens quand je veux. Cooool ! Elle m’a donné les indications nécessaires pour rejoindre son quartier de Pékin, je n’ai plus qu’à m’y rendre.

J’ai rencontré Céline à Bruxelles, en 2009. Je faisais une semaine de cours intensifs d’espagnol juste avant de partir vivre à Madrid et Céline était dans ma classe. Elle aussi partait vivre à Madrid quelques jours plus tard pour y terminer un master en Droits de l’Homme et y rejoindre Mario, son copain espagnol. Aujourd’hui Céline et Mario vivent ensemble à Pékin.

Toute contente à l’idée de retrouver des amis perdus de vue depuis un moment, je repars vers l’auberge, rassemble mes affaires et je vais prendre un train pour Pékin. A mon arrivée dans la capitale, je découvre son effervescence, ses vagues humaines et son métro à l’odeur d’ail caractéristique.

Pékin

chine pekinJ’arrive au rendez-vous convenu et, quelques minutes plus tard, je vois Céline arriver au loin dans son manteau orange. Elle m’accompagne jusqu’à son appartement, petit cocon cozy dans la grande ville, et on se met à jour sur les dernières nouvelles de nos vies respectives. Arrive ensuite Mario, le souriant Mario, toujours plein d’attentions et de gentillesse.

Pour fêter ces retrouvailles, nous partons boire un verre. Pour ceux qui connaissent un peu Pékin, Céline et Mario habitent près du Lama Temple, un chouette quartier donc, assez central et agréable. Ils m’emmènent dans un « hutong », un quartier traditionnel de Pékin, composé de petite ruelles et d’habitations familiales, qui contrastent avec les grandes barres d’immeubles qui les ont remplacées dans de nombreux quartiers.

Le hutong est jalonné de restaurants accueillants, de petits magasins et de bars qui ont l’air tous plus sympas les uns que les autres. Nous nous arrêtons dans l’un d’eux pour boire une bière et nous sommes rejoints par Esther, une amie de Mario et Céline, et sa cousine, qui lui rend visite à Pékin pour un mois.

Nous allons ensuite manger dans un restaurant chinois. L’endroit est très joli et nous avons notre propre petit salon privé qui donne sur la traditionnelle cour intérieure. C’est donc ici que je mangerai mon premier vrai repas chinois. Et c’est délicieux ! Les saveurs sont délicates et subtiles, les produits simples et bien préparés. Et le tout est accompagné d’eau chaude comme boisson. Ça peut paraitre bizarre quand on n’a pas l’habitude mais en fait c’est très agréable de boire de l’eau chaude !

pekin chine

Le lendemain, alors que Mario et Céline partent au travail de bon matin, je me dirige vers la place Tian’anmen. Il fait beau aujourd’hui ! La brume s’est levée, le ciel est bleu, le soleil brille. Pour accéder à la place, les mesures de sécurité sont assez drastiques et il faut passer par un portique de sécurité. Il faut dire qu’en Chine c’est comme ça partout. Que ce soit pour entrer dans une station de métro, dans un lieu touristique, ou dans une gare, on est contrôlé partout.

chine controle

Je consacre mon après-midi de ce premier jour à Pékin à réfléchir à la suite de mon programme en Chine. Esther, l’amie de Mario et Céline, m’a proposé d’occuper son appartement pékinois à partir du 8 décembre, date à laquelle elle rentre en Espagne pour les fêtes de fin d’année. J’ai donc l’occasion de vivre quelques jours dans un hutong à Pékin, une offre difficile à refuser… J’ai aussi envie d’aller voir la Muraille de Chine bien sûr, mais aussi l’armée des soldats en terre cuite à Xi’an et la ville fortifiée de Pingyao.

Le lendemain je me rends à San Li Toun, au « Fake Market » « Ya Show » pour aller m’acheter un bonnet, des gants et une écharpe. C’est qu’il fait froid dans le nord de la Chine en hiver. Le Fake Market c’est un marché de vêtements (et de bijoux, d’électronique…) sur plusieurs étages où l’on trouve toutes sortes de contrefaçons de marques. C’est un endroit bien connu à Pékin, qui se trouve dans le fameux quartier de San Li Tun qui abrite également de grandes enseignes telles qu’Apple ou Adidas mais aussi nombres d’ambassades et de consulats ainsi que de nombreux bars et boites fréquentés notamment par les expatriés et les touristes.

Pour voir toutes les photos de mes premiers jours en Chine, c’est par ici: Chine – Photos Tianjin et Pékin

Trois jours sur la Grande Muraille de Chine

Après ces quelques jours bien agréables avec mes amis, à bien manger et à discuter, je prends un bus puis un autre, vers Gubeikou, un petit village qui se trouve à 150 kilomètres au nord de Pékin, à proximité de la Grande Muraille de Chine.

chine gubeikou

J’arrive à l’auberge en début d’après-midi et je profite des quelques heures de jour qu’il me reste pour aller marcher sur un tronçon assez court de la Grande Muraille. Je profite de l’air frais et nettement moins pollué tout de même qu’à Pékin. Je chante, je suis contente.

Le lendemain, les choses sérieuses commencent ! Je vais marcher sur le tronçon le plus intéressant auquel on a accès à partir de Gubeikou. Une promenade d’environ 4 heures sur une partie de la Grande Muraille non restaurée mais encore en assez bonne état. Depuis hier, la brume s’est levée et le ciel est plus clair, ce qui permet de voir au loin le long mur qui serpente sur les collines arides et désertes. C’est la basse saison et l’endroit n’est pas du tout le plus fréquenté par les touristes. Résultat : il fait froid mais il n’y a personne sur la muraille. Les vues sont magnifiques, je suis seule au monde.

chine muraille

En fin d’après-midi, je vais faire un tour dans le village, voir quelques temples et me promener. Il règne dans ce village bordé par une grande route, une atmosphère tranquille et agréable. Les quelques personnes que je croise dans les petites rues me regardent intriguées mais répondent à mes sourires par des sourires encore plus grands.

muraille chineLe jour d’après, j’irai encore marcher sur la Muraille, sur un autre tronçon, fort différent de celui de la veille. Aujourd’hui le soleil est là et bien là. Et plutôt que de s’enfoncer comme la veille dans le paysage, on prend de la hauteur ! Passant d’une tour à une autre, je me retrouve de plus en plus haut et le village en contrebas est de plus en plus petit. A chaque fois, je vois la tour d’après qui m’appelle et qui me donne envie d’aller la rejoindre. Ça devient de plus en plus escarpé, mieux vaut ne pas trop regarder en bas… Je fais des efforts pour ne pas laisser le vertige me gagner et pour vaincre le dénivelé. Puis je me retourne et je me repose en observant la vue. Je vois le train qui sort d’un terrier percé dans la montagne, pour aussitôt redisparaitre dans un autre.

muraille de chine

Après cette dernière matinée sur la Grande Muraille il est temps de reprendre le bus pour Pékin où m’attendent Céline et Mario. Dans leur groupe d’amis expatriés il y a beaucoup d’Espagnols et une Américaine. Alors ce soir on fête Thanksgiving en mangeant de la tortilla !

Pour voir toutes les photos de la Grande Muraille, c’est pas ici: La Grande Muraille de Chine

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Voyageuse depuis de nombreuses années, Charlotte parcourt le monde et partage ses carnets de voyage, ses conseils et ses réflexions sur son blog. Rejoignez-moi sur mon profil Google+



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