Carnets de voyage

Published on juillet 19th, 2015 | par Charlotte

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Iles, vie sous-marine et combats de coqs aux Philippines

Du 11 au 17 février et du 17 au 26 mars 2015

Après mon escapade dans le nord de Luzon, je pars vers Donsol avec un objectif bien particulier en tête : aller nager avec les requins-baleines. Les requins-baleines sont des requins particulièrement pacifiques et inoffensifs. Ils ressemblent à de petites baleines tachetées qui peuvent quand même atteindre jusqu’à 20 mètres de long. Nager avec eux est devenu, depuis quelques années, l’une des activités touristiques par excellence aux Philippines.

philippines butanding

Typiquement le genre d’activités aussi qui me fait me questionner sur l’éthique de ce type de tourisme. L’afflux de touristes qui barbotent dans l’eau avec leurs palmes et leurs tubas n’est certainement pas idéal pour ces animaux. En participant à une telle activité, on participe donc à venir perturber les requins-baleines dans leur environnement ce qui peut avoir un impact négatif, notamment sur leurs migrations et leurs cycles de reproduction.

D’un autre côté, l’intérêt financier que représentent ces animaux a encouragé les autorités à mettre en place des mesures de protection. Sans cette activité touristique, les « butandings », comme on les appelle aux Philippines, ne seraient certainement pas protégés et ils seraient sans doute même encore chassés comme c’était le cas auparavant.

Ce genre de situation existe dans de nombreux autres endroits à travers la planète. A partir du moment où une espèce présente un intérêt touristique et donc financier, cela peut être un facteur positif qui participe à sa protection. Cependant le tourisme en lui-même a aussi presque systématiquement un impact négatif sur ceux-ci. Un problème complexe donc…

A Donsol, je vais passer trois jours bien sympas, dans un petit « resort » qui propose des lits en dortoirs. Les dortoirs sont en fait des chambres de trois. Une bonne formule, qui permet de payer un prix raisonnable tout en profitant du confort du resort, avec la piscine et un petit bar-restaurant avec vue sur la mer.

philippines piscinephilippines palmier

philippines resort

Le jour J, je me lève de bon matin pour rejoindre un bateau et partir à la rencontre des fameux requins-baleines. Une vingtaine de petits bateaux chargés chacun de 6 touristes, eux-mêmes équipés d’un masque, de palmes et d’un tuba, prennent la mer. Sur chacun d’eux, en plus du guide, un ou deux Philippins, perchés sur un mât ou debout à l’avant du bateau, scrutent l’eau pour essayer de repérer l’un de ces gros poissons.

Lorsqu’un requin est repéré, c’est la course. Plusieurs bateaux se dirigent vers l’animal. Nous attendons bien sagement, assis sur le bord du bateau, que notre guide nous indique de sauter à l’eau. C’est que l’animal se déplace et qu’il faut essayer de se mettre sur sa route mais sans le gêner dans sa progression, et avant qu’il ne replonge vers les profondeurs. Autant dire que c’est un peu le bordel…

Des règles ont été établies afin de déranger le moins possible les butandings. Ainsi il ne peut normalement pas y avoir plus de 6 personnes à la fois qui nagent auprès d’un animal et il y a des distances minimum à respecter. Evidemment, dans la pratique, toutes ces règles sont très difficiles à respecter. Il y a souvent cinq ou six bateaux au même endroit et donc souvent bien plus de six personnes dans l’eau. Et encore, je n’étais pas là durant la haute saison…

Pour nous, le moment approche… Tout à coup notre guide nous crie « go ! go ! go ! now ! ». Et on se jette à l’eau. J’ai à peine le temps d’ajuster mon masque et mon tuba que le guide m’attrape par le bras et m’embarque dans la bonne direction. Je plonge la tête sous l’eau et à quelques mètres j’aperçois le dos tacheté d’un requin baleine. Je le suis pendant quelques minutes, et il finit par me distancer et par disparaitre dans le bleu.

En tout j’aurai l’occasion de voir, de plus ou moins près, cinq requins-baleines sur la matinée. Le moment le plus impressionnant pour moi a été quand je me suis retrouvée tout près de la tête de l’un d’entre eux. J’ai nagé quelques moments à hauteur de sa tête avant de le voir défiler en entier à côté de moi.

Pour vous donner une meilleure idée, voici une photo de requins-baleines, trouvée sur internet:

requin baleine

D’ile en ile

Après ces quelques jours à Donsol, je pars vers des lieux bien moins touristiques. Mon objectif est de rejoindre Bacolod où j’ai prévu de passer un mois en volontariat auprès d’enfants défavorisés. Et comme je ne prends pas l’avion, je dois passer d’ile en ile pour arriver sur Negros. De Luzon je prends un bateau pour l’ile de Masbate où je passerai la nuit avant de la traverser en bus pour aller prendre un autre ferry pour l’ile de Cebu. Après quelques jours dans la vile de Cebu, je traverse enfin vers l’ile de Negros pour rejoindre la ville de Bacolod, capitale du Negros occidental.

Les Philippines ce sont plus de 7000 iles dont un peu plus de 2000 sont habitées. Ces quelques jours de voyage, me permettent de découvrir un peu plus la beauté du pays mais aussi la vie quotidienne des Philippins (qui voyagent avec leurs coqs). Je fais la sieste sur les ponts des ferrys aménagés en dortoirs géants, tout en regardant défiler les paysages bleu et vert, bercée par une douce brise… Tout a l’air si paisible quand le temps est au beau fixe. Je pense à toutes les catastrophes qui frappent régulièrement ce beau pays. Car les Philippins, rien ne les épargne, ils ont droit à tout. Typhons, tremblements de terre, glissements de terrain, éruptions de volcans, etc. Habitués aux catastrophes, les habitants ont ce rapport particulier à la vie, la sagesse de profiter de l’instant présent. Et au passage, ils achètent tout (vraiment tout !) en mini quantités, ce qui n’est franchement pas très écologique mais sûrement une stratégie logique dans ce genre de contexte.

iles bateau

dortoir ferrybateau vue

bateau coqbateau ile

Mes amies les tortues

Sur l’ile d’Apo, c’est avec une autre espèce que j’aurai l’occasion de nager, ou plutôt de faire du snorkeling (ou PMT pour Palmes Masques Tuba). Cette fois, pas de précipitation, pas de course-poursuite, mais une petite ile bien relax où je vais passer quelques jours.

philippines apo island

L’ile est minuscule et il n’y a de l’électricité que trois heures par jour, entre 18h et 21h. Apo abrite un sanctuaire marin qui a été très endommagé par le typhon Haiyan en 2013 et est donc aujourd’hui fermé.

Mais le principal intérêt touristique de l’ile, ce sont les tortues. Elles viennent tous les jours se nourrir près de la plage et il est donc très facile de les observer. Un masque et un tuba, et il suffit de nager quelques minutes pour en rencontrer l’une ou l’autre. Vraiment cool !

En grimpant sur les rochers, on peut accéder à une petite plage de sable déserte. Et au sommet de la colline, il y a un phare sur lequel on peut grimper pour avoir une vue sur l’ile. C’est également un bon endroit pour observer le coucher du soleil.

philippines petite plagephilippines vue apo

 

Sur l’ile d’Apo je fais la connaissance des tortues donc mais aussi d’Alvaro, Alberto et Lili, tous trois Espagnols, et qui deviendront mes compagnons de voyage pour quelques temps. En attendant nous buvons des bières et nous allons au karaoké pour chanter de belles chansons. A 21h quand l’électricité s’arrête, et bien, tout s’arrête ! Plus de lumière et plus de karaoké. Chacun prend sa petite torche ou utilise la lumière de son téléphone pour rentrer chez soi. On va admirer la plage et les étoiles, et le plancton qui fait des étoiles dans l’eau.

Après quelques jours hors du temps sur Apo, nous prenons la mer pour une autre ile : l’ile de Siquijor, repère de sorciers. Débarqués du ferry, nous commençons par louer deux scooters pour nous quatre. Nous partons ensuite à la recherche d’un logement et nous trouvons un bungalow, bien et pas cher.

Pendant 2 jours nous explorons l’ile à scooter. Cascades, petits village, plages, la dolce vita…

philippines scooterphilippines route

philippines cochonphilippines sable

philippines photo groupe

Combats de coqs

Les Philippins sont très férus de combats de coqs. C’est le sport national. Si on peut appeler ça un sport. A priori ce genre de trucs ne m’intéresse pas trop, j’ai du mal à comprendre l’intérêt qu’on peut trouver à observer des animaux se battre, souvent jusqu’à la mort. Je n’avais donc pas trop envie d’assister à des combats.

Cependant, après plusieurs semaines passées dans le pays, à avoir pu observer à quel point cette tradition est importante pour eux, j’ai petit à petit eu envie de quoi il s’agissait exactement. Et puis après m’être fait réveiller par des coqs absolument toutes les nuits, parce que oui, il y a vraiment des coqs PARTOUT aux Philippines, cela commençait à me gêner un peu moins d’en voir mourir un ou deux.

Lors de notre passage à Siquijor, nous avons donc été assister à des combats de coqs. Avant les combats, les hommes sont là (les femmes se font rares dans ce genre d’endroit), avec leurs animaux dont ils sont toujours très fiers. Ils leurs installent à chacun une lame au niveau de l’ergot de la patte.

Les coqs ont une tendance naturelle à se battre et l’ergot est une arme qu’ils utilisent dans ces combats. Cependant, pour les combats organisés, cette arme est rendue beaucoup plus puissante, grâce à cette lame et les blessures que les animaux s’infligent peuvent donc entrainer la mort, ce qui n’est pas le cas dans la nature. Les coqs sont également nourris avec des aliments spécifiques et « shootés » aux hormones, afin d’améliorer leurs performances. On est bien loin des pratiques « naturelles » des animaux…

philippines mur

philippines coqsphilippines lame coq

 

Après un long moment de préparation, c’est enfin le début du premier combat. Un arbitre se trouve dans l’arène et deux hommes y entrent, chacun avec son coq. Dans le public ça crie dans tous les sens. Les gens parient apparemment grâce à des cris et à des codes incompréhensibles pour nous qu’ils exécutent avec leurs doigts. Les deux hommes tiennent leurs coqs face à face sur le sol et les excitent pour faire monter la tension entre eux. Ensuite ils les lâchent.

Tout va très vite. Je regarde à moitié parce qu’en fait, je ne veux pas trop voir ça… Les plumes volent et le sang gicle. Ça ne dure pas une minute qu’un coq est déjà à terre, à moitié mort. Les propriétaires remettent les animaux sur pattes et les relancent l’un contre l’autre. Alors ils y retournent. C’est atroce de voir ces pauvres bêtes souffrir comme ça, et tous ces mecs qui hurlent autour. Nous partons avant la fin du deuxième combat.

philippines combat coqsphilippines coq mort

 

Je me doutais que ça ne me plairait pas, et bien, ça ne m’a pas plu du tout. J’ai détesté ça. Après avoir vu les combats de coqs j’ai exactement le même sentiment qu’après avoir vu une corrida à Madrid. Je n’aimais pas ça théoriquement avant d’y assister. Après avoir vu ce que c’était, je ne comprends pas le plaisir que certains peuvent éprouver à organiser et regarder ce genre de chose.

La fin du voyage

Après Siquijor, c’est pour moi le retour à Dumaguete, pour prendre mon ferry pour Manille. Je passerai une bonne vingtaine d’heures à bord, avant d’arriver à destination. J’assisterai notamment à l’un des plus beaux couchers de soleil de mon voyage, depuis le pont du ferry.

ferry cielferry manille

 

L’occasion d’apprécier mes derniers moments dans ce magnifique pays. J’ai énormément apprécié les Philippines et je ne regrette vraiment pas d’avoir encore une fois changé mes plans pour partir à la découverte de cet endroit très particulier.

Pays catholique, au milieu d’une Asie bouddhiste et musulmane, fortement influencé par l’Espagne pendant plus de quatre siècles et ensuite par les Etats-Unis pendant une bonne partie du 20ème siècle, les Philippines sont à part. Et l’anglais y étant une langue officielle, de nombreux Philippins la maitrisent au moins basiquement, ce qui facilitent énormément les échanges.

Parce que ce qui m’a le plus touchée aux Philippines ce sont ses habitants. Les Philippins sont tellement gentils, c’est incroyable. Ils sont toujours prêts à donner un coup de main et le font avec un vrai plaisir. Ils rendent ce pays encore plus beau.

philippines soleil


About the Author

Voyageuse depuis de nombreuses années, Charlotte parcourt le monde et partage ses carnets de voyage, ses conseils et ses réflexions sur son blog. Rejoignez-moi sur mon profil Google+



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