Carnets de voyage busan wwoofing

Published on novembre 19th, 2014 | par Charlotte

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Corée du sud – Dix jours dans un restaurant vegan à Busan

10 octobre – 20 octobre 2014

[Retrouvez les photos qui accompagnent cet article dans Corée du sud – Photos de Busan]

Après avoir traversé la Russie en train, je suis donc arrivée en Corée du sud le 9 octobre. A la base je n’avais pas vraiment prévu de passer par la Corée, je pensais me rendre directement en Chine. La Corée étant un pays assez cher j’ai longuement hésité à m’y rendre car mon budget est assez limité. Et puis j’ai pensé au wwoofing et j’ai eu la bonne surprise de constater que le réseau y est très bien développé. C’est devenu une évidence, j’avais trouvé la solution idéale pour découvrir la culture du pays de manière économique en vivant et travaillant avec des Coréens.

Le premier wwoofing que j’ai trouvé est un peu particulier car ce n’est pas dans une ferme que je vais travailler mais dans un restaurant bio vegan. Et pour la première fois je vais pratiquer le wwoofing urbain puisque le resto en question est situé à Busan, ville d’environ 4 millions d’habitants, dans le sud de la Corée.

wwoofing restaurant

Mon arrivée à Busan

J’arrive à Busan en début d’après-midi. J’ai noté toutes les indications nécessaires pour me rendre au restaurant en métro. J’observe le plan, je repère les changements de lignes et je m’achète un ticket au distributeur automatique. Le métro de Busan est très propre et bien organisé. Beaucoup moins charmant que le métro russe mais il fait son boulot. Et puis il a quand même quelques particularités… Diverses petites musiques informent les passagers des événements à venir. Arrivée d’un métro en station, approche d’une station avec correspondances, etc. Et quand on arrive à une station qui donne accès au bord de mer, on entend les cris des mouettes résonner dans les hauts parleurs. Petit moment de poésie, dans ce monde de plastique aseptisé.

coree busanUne heure plus tard, je ressors à l’air libre et je suis les instructions reçues par mail. A gauche au McDo, à droite au 7 Eleven. Je trouve le restaurant « Jack and the Beanstalk » sans problème. J’y suis accueillie par Sofia, propriétaire du restaurant et Anna qui y travaille de temps en temps, et parle anglais. Anna a elle-même fait du wwoofing en Corée et au Canada. C’est avec elle que j’étais en contact par mail pour organiser ma venue à Busan. Nous discutons pendant 2 bonnes heures pendant que Sofia nous apporte de bonnes choses à manger. Ensuite Anna me donne les dernières informations que j’ai besoin d’avoir, me montre le type de travail que je devrai faire et s’en va.

Première soirée

Je passe le reste de la soirée avec Sofia à travailler dans le restaurant. Contrairement à Anna, Sofia ne parle pas vraiment anglais. Elle sait dire quelques mots mais cela ne nous permet pas d’avoir de vraies discussions. Et puis mon coréen est encore très limité. Je sais à peine dire bonjour, au revoir et merci. Je suis nostalgique du temps où je parlais si bien russe… Avec les quelques mots d’anglais de Sofia et pas mal de gestes et de mimes, on s’en sort quand même très bien. Vers 22h c’est l’heure de fermer le restaurant et de rentrer.

busan appartL’appartement de Sofia se trouve à environ 15 minutes à pied du restaurant, dans une grande tour comme il y en a beaucoup à Busan. L’appartement n’est pas très grand mais bien aménagé. Sofia y vit avec ses deux enfants. Son fils, Song-Min, a 18 ans. Il va à l’école la journée et passe toutes ses soirées à jouer à des jeux en ligne sur l’ordinateur. Sa fille, Elisabeth, a 21 ans et va à l’université. Elle est beaucoup plus communicative que son frère et parle assez bien anglais. Elle peut donc faire l’interprète entre Sofia et moi quand nous avons besoin d’échanger des informations précises. Sofia m’installe un matelas par terre dans le salon. Elle est très inquiète que cela ne soit pas assez bien mais je lui explique que ça me convient très bien comme ça.

Découverte de la cuisine vegan

Le lendemain, je commence à travailler pour de bon. Le restaurant s’appelle donc « Jack and the Beanstalk ». C’est un petit restaurant vegan, situé dans le quartier de Gwangalli beach. La clientèle se compose, d’une part de Coréens et, d’autre part, d’expatriés installés à Busan, essentiellement des anglophones qui travaillent en Corée comme profs d’anglais. L’ambiance y est paisible et détendue. Le resto est joliment décoré de couleurs vives et propose des plats simples mais délicieux.

busan resto

La cuisine vegan est une cuisine qui n’utilise ni nourriture animale, ni aucun produit issu des animaux. Pas de viande ou de poisson donc mais pas non plus d’œufs, ni de lait ou de miel. J’étais assez curieuse de voir ce que cela pouvait donner et je dois dire que j’ai été plus qu’agréablement surprise de la variété de plats tous plus délicieux les uns que les autres à la carte du restaurant.

busan platPlats de riz aux légumes ou à l’ananas, pâtes à la sauce tomate ou à la crème, steaks de soja accompagnés de légumes, et même pizzas et burgers. Tout est absolument délicieux ! J’ai très bien mangé pendant la dizaine de jours passés à Busan. La viande ou d’autres produits comme le lait ou les œufs ne m’ont pas du tout manqué et peuvent très bien être remplacés par des steaks ou du lait de soja.

 

La vie à Busan

Busan, deuxième plus grande ville de Corée du sud, est située dans le sud-est du pays. C’est une ville portuaire avec plusieurs plages mais également beaucoup de nature accessible facilement en métro. C’est à Busan que je me familiarise avec la Corée et que j’ai l’occasion de faire mes premières observations de la société coréenne.

Je suis d’abord un peu surprise par le fait que les Coréens portent beaucoup de vêtements de sports « outdoor ». Même pour prendre le métro ou faire du shopping les gens s’habillent comme s’ils partaient randonner. Il y a d’ailleurs des magasins d’équipement de randonnée un peu partout. Les personnes âgées aiment elles aussi s’habiller avec un look sportif et on voit beaucoup de mamies avec des baskets fluos et de papys avec des vestes de sport.

busan veganJe prends assez vite mes habitudes au restaurant. Sofia est une excellente cuisinière mais aussi une personne très gentille et très calme. Travailler avec elle est très agréable. Mon boulot consiste essentiellement à servir les plats aux clients, débarrasser et nettoyer les tables et faire la vaisselle. Je prépare aussi les burgers que Sofia m’a appris à confectionner et j’aide à diverses tâches telles que la découpe de légumes.

Je travaille en général entre 17h et 22h ce qui me laisse du temps pour aller me promener durant la journée à la découverte de la ville. Quand je pars en excursion, Sofia me prépare un joli sachet pique-nique avec un burger et un berlingot de lait de soja. Mon casse-croute sous le bras (ou dans mon sac à dos) je pars à la découverte de Busan.

Petit à petit, je découvre des lieux. Coucher de soleil à la plage Haeundae, matinée au marché au poisson de Jagalchi ou encore après-midi à Shinsegae, l’un des plus grands centre commerciaux du monde. Je vais aussi me promener au parc de Yongdusan pour monter au sommet de la tour de Busan. De là-haut on a une vue imprenable sur une grande partie de la ville. En retournant vers la station de métro, je traverse un grand centre commercial appelé très élégamment « Lotte ». J’ai la chance d’y assister à un spectacle aquatique dans une fontaine… Les jets d’eau montent et descendent sur la musique alors que les lumières changent de couleur. Les gens présents ont l’air de penser que cette attraction vaut la peine de s’arrêter et de s’installer sur un banc avec une glace.

busan plagebusan tour

busan spectaclebusan marche

 

Un soir, après le travail, Sofia veut me montrer quelque chose. Plutôt que de rentrer directement vers l’appartement, nous faisons un détour par la plage de Gwangalli qui se trouve à quelques minutes à pied. Les lumières qui illuminent la ville et le pont au-dessus de l’eau sont magnifiques. C’est bien mieux que le bête spectacle du centre commercial. Nous marchons sur une espèce de digue le long de l’eau. Il est presque 23h et pourtant les Coréens sont là, ils font du sport sur des installations style « parcours santé ». On trouve ce type d’installations un peu partout en Corée et parfois dans des endroits assez improbables. Sofia et moi nous essayons au Hoola Hoop avec les grands cerceaux à disposition. Sofia s’en sort très bien alors que mon cerceau ne résiste pas plus de quelques secondes à la loi de la gravité.

coree woofing

Sofia me fait rire. Elle m’apprend une chanson en coréen et nous chantons ensemble sur le chemin du retour du travail. Elle ne parle pas vraiment anglais et elle utilise certaines expressions un peu étranges. Elle utilise par exemple le mot « hometown » pour désigner son appartement. Elle ne dit jamais « I » ou « You » mais elle utilise les prénoms. Pour dire « Je vais aux toilettes » elle dit « Sofia restroom » et pour demander que je fasse quelque chose « Charlotte help me ». Elle ne dit jamais « Yes » non plus. Elle utilise « Ok ». Au début c’est un peu perturbant, j’ai toujours l’impression qu’elle joue à ni oui ni non.

La semaine se déroule tranquillement entre travail au restaurant et visites. Le vendredi je me rends au nord de la ville pour prendre le téléphérique qui m’emmène au sommet du mont Geumjeong. Celui-ci est bien plus impressionnant que le minuscule téléphérique que j’avais pris à Vladivostok. Encore une belle vue sur la ville ! Arrivée au sommet, je vais me promener. Au bout de quelques minutes de marche, je vois un petit panneau indiquant « temple ». Je décide de le suivre. Le chemin descend dans une sorte de petite vallée étroite. Par moment on aperçoit vaguement des marches en pierre. Au loin, j’entends un chant de moine. Après une petite vingtaine de minutes de marche, j’arrive au temple. L’endroit est désert, mais j’entends toujours le chant qui semble provenir de la forêt sur l’autre versant de la vallée. Le changement d’ambiance est saisissant, entre ce moment que je vis sur cette colline et l’agitation dans laquelle j’évoluais il y a moins d’une heure lorsque j’étais encore en bas et que je sortais du métro.

coree temple

Rencontre avec des jeunes et soirée soju

Le samedi après-midi, Anna a organisé une rencontre avec des jeunes et quelques adultes. Elle m’a demandé si j’étais d’accord de venir leur parler de mon voyage et j’ai évidemment accepté. Munie de mon globe terrestre gonflable, je leur explique donc le trajet effectué et mes projets pour les mois à venir. Anna s’occupe de la traduction en coréen. J’essaie de les faire participer un peu en leur posant quelques questions mais ils sont vraiment très timides. Difficile de savoir à quel point cette rencontre les a intéressé ou non donc mais pour ma part j’ai plutôt apprécié l’exercice et j’ai essayé de leur donner envie de voyager.

wwoofing coreeLe soir, avec Anna, nous allons nous promener du côté de Haeundae Beach et manger un morceau. Je goûte pour la première fois à la « seafood » coréenne. Anna me fait également découvrir le Soju, un alcool de riz coréen, très apprécié ici. Elle m’apprend aussi comment il faut le servir. En Corée on ne se sert jamais soi-même à boire. C’est à moi de remplir le verre d’Anna et elle s’occupe de remplir le mien. Si l’on sert ou qu’on est servi par quelqu’un de plus âgé ou à qui on doit le respect, il est important de toujours tenir son verre ou la bouteille avec ses deux mains.

Nous discutons longtemps. Anna me pose beaucoup de questions et elle me parle aussi beaucoup de la société coréenne actuelle. Malgré le modernisme du pays la société coréenne est une société très normative et dominée par les hommes. Il est par exemple encore aujourd’hui assez mal vu pour une femme coréenne d’être célibataire ou divorcée. Anna déplore le fait que les Coréens suivent des voies toutes tracées sans se poser de questions. Elle s’inquiète notamment pour les jeunes qu’elle trouve peu imaginatifs et audacieux. Depuis l’école primaire jusqu’à l’université, le système scolaire coréen est très rigide et très exigeant. Les adultes quant à eux ont pour objectif de trouver un « bon » travail grâce auquel ils gagneront bien leur vie et pourront offrir de bonnes études à leurs enfants.

Au revoir Busan

Le lendemain c’est déjà mon dernier jour de travail. Je prends le ferry le lundi soir pour l’ile de Jeju. La matinée est consacrée au rangement de mes affaires et à quelques courses. Je vais ensuite manger avec Sofia au restaurant pour lui dire au revoir. Nous chantons une dernière fois ensemble la chanson coréenne qu’elle m’a apprise, et me voilà partie.

Sur le bateau je regarde les lumières de Busan s’éloigner. Je fais la connaissance d’un couple de Polonais et d’Amrid, un Indien. On passe la soirée ensemble, on boit des bières et de la vodka en nous racontant nos voyages. Je vais ensuite m’installer sur mon petit matelas au sol, et je m’endors près de mon sac à dos.

busan coree

Dans le prochain article je vous raconte mes trois semaines de wwoofing sur l’ile de Jeju.

Toutes les photos de mon séjour à Busan sont ici: Corée du sud – Photos de Busan

Article précédent: De Vladivostok à la Corée, un voyage en ferry pas comme les autres


About the Author

Voyageuse depuis de nombreuses années, Charlotte parcourt le monde et partage ses carnets de voyage, ses conseils et ses réflexions sur son blog. Rejoignez-moi sur mon profil Google+



2 Responses to Corée du sud – Dix jours dans un restaurant vegan à Busan

  1. Beurk says:

    Pouvait-on éviter le mot casse-croûte?!!!

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