Carnets de voyage taiwan wwoofing

Published on avril 23rd, 2015 | par Charlotte

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Baba Nam Kevalam à Taiwan

Du 10 janvier au 21 janvier 2015

Après quelques jours passés dans la charmante ville de Tainan, j’arrive à « Ananda Suruci » un samedi en début d’après-midi. J’ai prévu de passer 10 jours dans cet « éco-village spirituel » où sont régulièrement organisées des retraites de yoga et de méditation, des stages « détox »,  des cours de permaculture et des séminaires divers.

Le centre a également l’ambition d’être un exemple de développement durable et d’autosuffisance locale. C’est dans cette optique que l’agriculture biologique y est pratiquée grâce aux techniques de la permaculture. Pour les aider dans cette tâche ils font appel à des volontaires qui sont hébergés et nourris en échange de quelques heures de travail par jour. Du wwoofing donc.

taiwan jardin

Mon arrivée

Lorsque j’arrive, il fait calme. Pas de séminaire ou de stage en cours… Après avoir déposé mes affaires, je me rends directement au verger où je fais la connaissance d’Emilie, une Suissesse qui fait du wwoofing depuis plusieurs mois, au Japon et à Taiwan. Ensemble nous arrachons les mauvaises herbes tout en nous racontant nos expériences respectives. Emilie étudie le japonais et le chinois et le wwoofing est donc une occasion pour elle de pratiquer ces langues. Ensemble nous parlons français, ce qui est tout de même plus simple pour moi.

Je fais petit à petit la connaissance des autres volontaires. Il y a Emily, Nick, Brian, Chris, Julia, Florian, etc. Nous logeons dans des containers aménagés et équipés de petites salles de bain. Au moment de mon arrivée les travaux de rénovation se terminent et on donne un coup de main pour la peinture et pour les dernières finitions.

taiwan containersverger containers

 

Je découvre assez vite la routine à Ananda Suruci. Le matin nous travaillons 3 heures dans le potager et l’après-midi, 3 heures dans le verger. Le travail du matin, dans le potager, est souvent calme et répétitif. L’occasion de discuter ou de se perdre dans ses pensées tout en écoutant des musiques de méditation dont les paroles sont toujours les mêmes : « Baba Nam Kevalam ». Au moins c’est pas compliqué de retenir les paroles pour chanter.

taiwan potager

Baba Nam Kevalam, qu’est-ce que ça veut dire ?

Difficile de traduire exactement ces mots… Lorsque j’ai demandé, j’ai reçu plusieurs réponses. « L’amour est partout et dans toute chose », « L’amour est l’essence de tout », « Tout est amour »… En fait Baba Nam Kevalam est un mantra, c’est-à-dire « une formule sonore et rythmée, fondée sur la répétition de sons réputés bénéfiques pour le corps ou l’esprit. Le mantra est un support de méditation. » (wikipedia)

C’est assez apaisant comme musique mais assez drôle aussi d’écouter en boucle ces cd avec plusieurs musiques différentes mais dont les paroles sont toujours les mêmes. En tout cas ça se marie bien avec le jardinage et l’introspection.

Pour les curieux, vous pouvez en écouter un exemple sur youtube.

Olive et son verger

L’après-midi c’est souvent un peu plus folklorique. Le travail au verger est en général plus varié et on y est supervisé par Olive qui essaie de nous faire comprendre ce qu’il veut à l’aide de gestes et de son anglais assez rudimentaire et maladroit. On a souvent du mal à saisir ce qu’il nous veut au premier abord mais en tout cas on rigole bien.

taiwan olive

Comme Olive voit défiler beaucoup de volontaires et qu’il ne peut pas retenir tous les prénoms, il nous appelle par le nom de notre pays. Nous sommes donc Germany, America, Switzerland, England, etc. Sauf Nick qui est Nick parce que c’est quand même plus facile que « Caïman Islands » et moi qui suis « Bilicheu », c’est-à-dire Belgique en chinois, parce qu’Olive ne sait pas prononcer « Belgium ».

Au verger on plante des trucs, on arrose, on dispose du « mulch » autour des arbres, on coupe du bambou, on conduit le tracteur, on installe un système d’irrigation, on met des tuteurs aux arbres, on déplace le « mulch » avec des fourches, on s’occupe du compost, etc. Et puis quand Olive ne sait plus quoi nous faire faire on « kill the ennemies ». Les ennemis en question étant des mauvaises herbes avec des petites fleurs blanches. Ce sont les ennemies du jardin, il faut s’en débarrasser.

taiwan semistaiwan irrigation

taiwan volontairestaiwan ennemie

C’est quoi le mulch ?

Pour résumer un peu vulgairement, la permaculture consiste en un ensemble de techniques qui permettent de cultiver la terre de manière durable, sans produits chimiques et en respectant la biodiversité et les équilibres des écosystèmes naturels.

Le « mulch », c’est ce qu’on appelle en français « paillis ». En gros, on utilise des déchets organiques végétaux sur le sol autour des plantes que l’on fait pousser. Cela a différents effets positifs tels que : prévenir l’apparition de mauvaises herbes, réguler la température du sol, enrichir la terre, etc. Un système simple et qui a beaucoup d’avantages donc.

taiwan mulch

Grâce à notre travail quotidien et aux miracles de la permaculture, nous avons tous les jours de délicieux légumes à déguster. C’est d’ailleurs (avec le riz) notre principale source d’alimentation, étant donné que les repas sont végétariens. D’autres aliments sont bannis tels que les oignons, l’ail et les champignons par exemple car ils ont des effets sur le corps qui ne favorisent pas la concentration (pour la méditation).

Les petits plaisirs de la vie

Mais le vrai plaisir culinaire à Ananda Suruci, c’est le pain ! Du vrai pain frais, fait maison et cuit chaque jour au four traditionnel. Un délice et un vrai bonheur après plusieurs mois en Asie où il est quasiment impossible de trouver du bon pain.

Un jour on découvre même dans la cuisine un énorme pot de beurre de cacahuètes et du fromage blanc à tartiner ! On est comme des gamins, à se ruer dessus, à se faire tartines sur tartines. Le fromage n’est pas le meilleur du monde mais on a tellement peu l’occasion d’en manger qu’on est trop contents. Et le « peanut butter » avec des petits morceaux de bananes dessus, c’est parfait !

En parlant de bananes, j’ai appris quelque chose lors de mon séjour à Ananda Suruci. Les bananiers ne font des bananes qu’une seule fois. Après on les coupe parce qu’ils ne servent plus à rien. Parce qu’en fait un bananier n’est pas un arbre comme je le pensais mais une plante. Une fois les bananes récoltées, on le coupe et soit on le laisse repousser, soit on en plante un autre. Une grande découverte pour moi !

taiwan bananes

Le week-end, avec Nick, Emilie et Emily, on va visiter le « Monkey Temple », un endroit réputé pour sa population de singes. On est à peine arrivés sur le parking qu’on en voit déjà partout. On achète des noix pour les nourrir. Ils ont l’habitude et n’hésitent pas à tendre la main pour recevoir leur dû, voire à grimper sur nous pour nous les piquer directement dans les poches.

taiwan nicktaiwan singe

Le mot de la fin

J’ai passé un très bon séjour à Ananda Suruci, j’y ai rencontré de très chouettes gens. Dix jours, c’était un peu court, j’y serais bien restée plus longtemps.

La suite au prochain épisode et… aux Philippines !

taiwan ananda


About the Author

Voyageuse depuis de nombreuses années, Charlotte parcourt le monde et partage ses carnets de voyage, ses conseils et ses réflexions sur son blog. Rejoignez-moi sur mon profil Google+



3 Responses to Baba Nam Kevalam à Taiwan

  1. Bilicheu 2 says:

    Je t’envie un peu … Moi non plus je ne savais pas que les bananes étaient des plantes !! Une question (si tu le sais): combien de temps nécessitent-elles pour pousser? Merci pour l’info sur les oignons, ails et champignons qui nous distraient de la méditation! Un post plein de tranquillité et infos intéressantes

  2. OUATTARA says:

    cette lecture m’a bcq plus!merci pour les infos sur l’oignon,l’ail et les champignons

  3. Merci à vous pour l’effort et le partage

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